Nos boursiers 2015

Dr Lucie Pothen (renouvellement)

Service de médecine interne

« Comment faire oublier aux vaisseaux l’effet délétère de l’hyperglycémie, l’hypercholestérolémie ou l’hypertension »

Le diabète et ses complications constituent un problème de santé publique en nette progression dans le monde occidental et qui émerge dans les pays en voie d’industrialisation.

Durant les trente dernières années, des recherches importantes ont été menées pour comprendre les effets de l’hyperglycémie sur les parois vasculaires. Le concept de « mémoire glycémique » est né d’études cliniques montrant qu’un traitement optimal et précoce du diabète était insuffisant pour contrer le risque de maladies vasculaires lié à ce dernier: le tissu vasculaire possède en effet la capacité à garder en mémoire les effets néfastes de l’hyperglycémie. A l’origine de cet effet mémoire on retrouve des modifications épigénétiques. L’ADN fonctionne comme une bande magnétique porteuse d’information, mais qui ne sert à rien sans magnétophone. L’épigénétique joue en quelque sorte le rôle du magnétophone.

Mon projet a pour but d’améliorer la compréhension des mécanismes épigénétiques à l’origine de la mémoire glycémique, et d’identifier des cibles thérapeutiques clés pour permettre, à terme, de « l’effacer ». Je vais également évaluer la possibilité d’une mémoire plus globale de l’endothélium face à d’autres facteurs de risques cardiovasculaires, tels que l’hypertension ou l’hypercholestérolémie, et identifier un éventuel mécanisme épigénétique commun à toutes ces « mémoires ».

Grâce à la bourse « En mémoire de Pierre de Merre » (octobre 2014), j’ai mis au point un modèle in vitro de mémoire endothéliale d’hypertension, et démontré que ces cellules continuent à produire des dérivés toxiques malgré la suppression du stress hypertensif. D’ici la fin de ce premier mandat, j’espère pouvoir développer un modèle de mémoire similaire d’hyperglycémie et d’hypercholestérolémie, et comprendre les mécanismes communs à ces trois phénomènes de mémoire. Grâce au renouvellement de la bourse de la Fondation Saint-Luc pour l’année 2015-2016, je souhaite pouvoir transposer ces modèles in vivo