Nos boursiers 2010

Dr Sandra SCHMITZ

Chef de clinique adjoint – Service d’oncologie et unité de chirurgie cervico-maxillo-faciale du Service d’ORL

Les nouvelles thérapies moléculaires ciblées pour traiter le cancer.

Un homme sur deux et une femme sur trois souffriront d’un cancer au cours de leur vie.
Son incidence est en constante augmentation et, d’ici 30 ans, la population souffrant d’une pathologie cancéreuse aura doublé. Il s’agit d’un problème majeur de santé publique qui va devenir d’ici peu la première cause de mortalité, devançant ainsi les maladies cardiovasculaires.
Aujourd’hui, les médecins guérissent un patient sur deux. Ces progrès sont, entre autres, dus à une meilleure prise en charge multidisciplinaire, à un dépistage plus performant et aussi à des innovations thérapeutiques. Parmi ces améliorations, le développement des thérapies moléculaires ciblées est en pleine expansion.
Les « thérapies ciblées » sont des nouveaux médicaments anti-cancéreux qui sont plus sélectifs que la chimiothérapie pour les cellules cancéreuses. Elles épargnent donc les cellules normales tout en détruisant une partie du cancer avec, comme conséquence, des traitements efficaces et moins toxiques. Leur coût est cependant élevé et elles ne sont utiles que dans des situations bien précises. Les nouvelles thérapies ciblées ont démontré leur activité anti-tumorale dans le cancer de la tête et du cou: elles améliorent la survie globale et le pronostic de ces malades. Cependant, seule une minorité des patients répond à ces nouveaux traitements et il n’existe, à l’heure actuelle, aucun marqueur capable d’identifier les patients qui vont en bénéficier. « Nous allons mener une étude clinique chez des patients atteints d’un cancer de la tête et du cou et traités par un anticorps contre un récepteur exprimé par ces tumeurs (récepteur au facteur de croissance épidermique). Nous étudierons les facteurs prédictifs de réponse et de résistance à cette nouvelle thérapie. Pour ce faire, la réponse anti-tumorale détectée par PET/ scan sera corrélée à des marqueurs moléculaires et génétiques évalués sur les échantillons tumoraux de nos patients. »

Cette étude aura un impact clinique important permettant de réorienter rapidement les patients non-répondeurs vers d’autres thérapies plus adaptées. « Outre le bénéfice évident pour nos patients, ceci permettra également de limiter les coûts liés à l’utilisation inadéquate de ces nouveaux traitements. Nous contribuerons ainsi au développement d’une médecine plus responsable et dite personnalisée. » La Fondation Saint-Luc soutient la recherche le Dr Schmitz pendant an à mi-temps.